Le ravitaillement

Chaque mois, nous vous présentons un document sur un aspect méconnu de la guerre 14-18 dans les Pyrénées-Atlantiques.

Les documents proposés se déclinent autour de 3 thèmes:

  • de janvier à avril : le front
  • de mai à août : l'arrière pendant la guerre
  • de septembre à décembre : les particularités des Pyrénées-Atlantiques pendant la guerre

Pénuries et ravitaillement

Les difficultés de ravitaillement n’apparaissent qu’en 1915 et marquent surtout la fin de la guerre et l’année 1919. La cause principale de ces pénuries tient aux réquisitions de l’armée pour nourrir les troupes. En temps de guerre, le soldat sur le front mange avant sa femme à l’arrière.
Ces problèmes ont eu des causes secondaires : il faut notamment nourrir de nouvelles populations comme les blessés ou les réfugiés.
 
L’administration s’organise cependant pour subvenir aux besoins des populations civiles : organisation du ravitaillement par les commissions de ravitaillement, instauration de cartes de rationnement, prix fixes pour interdire la spéculation sur les denrées alimentaires (mars 1917), mais aussi obligation pour les commerçants d’afficher leurs prix, mise en place de commerces coopératifs, conseils pour cuisiner avec les aliments à la disposition de tous.
 
 
Les denrées alimentaires ne sont pas les seuls objets de convoitise. Les matières premières sont aussi de première importance en temps de guerre pour se chauffer ou se déplacer.

Rapport de gendarmerie sur la vente de sucre à Arette (1918) (3 Z 115)

Les réactions locales

Les problèmes de ravitaillement ne touchent pas uniquement les civils, mais aussi les industriels qui ne parviennent pas à s’approvisionner en matières premières. C’est le cas notamment pour la laine mérinos venue d’Espagne, en raison de la fermeture de la frontière avec l’Espagne.

Les délibérations du conseil municipal de Bidart illustrent les difficultés que certaines communes éprouvent à obtenir des autorités les denrées alimentaires essentielles à la vie quotidienne de leurs administrés. Le 10 mars 1918, le conseil s’alarme de l’impossibilité de fournir du pain à la population. Ces réclamations témoignent de tensions et d'un mécontentement sur les modalités de ravitaillement. De même en décembre 1918, le conseil multiplie les demandes de ravitaillement de pommes de terre auprès de la Préfecture et de la Chambre de commerce, sans succès, puis du Ministère du ravitaillement.

Si certaines communes ont pu se plaindre des rationnements et des ravitaillements, si le marché noir a existé, il ne faut cependant pas oublier que l’administration a réussi sa mission : on ne meurt pas de faim en France. Une réussite ô combien importante au regard de la situation en Allemagne.

Bon de livraison d'essence (4 Z 157)

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