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La Côte basque pendant la Première guerre mondiale

De 1914 à 1918, la guerre s’installe : les hommes sont au front, le port de Bayonne participe à l’armement de guerre, des sous-marins allemands attaquent la Côte basque à Bayonne, ainsi que des bateaux de pêche de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure.

Le port de Bayonne, une infrastructure stratégique à défendre

Pendant la Première guerre mondiale, deux usines sont réquisitionnées par le Ministère de la guerre dans le port de Bayonne : l’Usine des forges de l’Adour pour la construction d’obus et d’armement rive droite de l’Adour, la poudrerie de Blancpignon pour la fabrication d’explosifs rive gauche. De ce fait, le port se retrouve dans une situation délicate. C’est la Chambre de commerce de Bayonne qui a la concession du port de Bayonne, c’est-à-dire qui gère le domaine portuaire et ses infrastructures.

Elle craint donc pour ses installations portuaires sensibles. C’est dans ce contexte qu’elle consigne dans la délibération du 10 juin 1915 la nécessité « d’attirer l’attention de Monsieur le Ministre de la guerre sur les mesures à prendre pour sauvegarder les graves intérêts dont il a la charge ».

Délibération de la Chambre de commerce de Bayonne du 10 juin 1915 (2 ETP 2/10). Cliquez sur l'image pour consulter la délibération dans son intégralité.

La Chambre de commerce demande la protection du port et notamment de l’embouchure auprès du ministère de la guerre. Cette demande sera honorée par l’installation de 5 canons en batterie à l’embouchure de l’Adour. La présence de cet armement défensif est constatée dans le rapport du commissaire de police de Bayonne du 4 août 1917 (1 M 113).

Rapport du commissaire de police de Bayonne du 4 août 1917 (1 M 113). Cliquez sur l'image pour consulter le document dans son intégralité.

Et effectivement, la prudence est de mise : le 12 février 1917, un sous-marin allemand situé à 4-5 km des côtes tire plusieurs coups de canon vers l'usine des Forges. Les batteries côtières répliquent. Le bilan est de 2 morts et de plusieurs blessés. Il n'y a pas eu de destruction matérielle d’envergure, l’usine n’a pas interrompu son activité.

Rapport du capitaine de gendarmerie Dedieu (1 M 113). Cliquez sur l'image pour consulter le rapport dans son intégralité.

La mer, théâtre de guerre : l’attaque sous-marine au large de Saint-Sébastien

Le témoignage de Fermina Péry (18 AV 330)

témoignage de Fermina Péry en 2010 sur son père pêcheur (18 AV 330).

Pendant la guerre de 1914-1918, l'armateur cibourien Elissalde n'arrivait pas à constituer son équipage de pêche. Il alla chercher des pêcheurs de Fontarrabie. Le père de Fermina, issu d'une famille de pêcheurs vivant au port de Fontarrabie, vint donc à Ciboure avec deux de ses frères.

Le témoignage d’Elias Mendizabal

Elias Mendizabal est âgé de 16 ans au moment de son témoignage. Le 4 mai 1917, au large de Saint-Sébastien, un sous-marin allemand attaque une flottille de bateaux de pêche basques français et espagnols. Une bataille navale s'engage, des navires sont coulés.
Bilan : 4 chalutiers coulés, 2« français » à bord desquels 14 marins sont tués ; 2 « espagnols », pour lesquels on ne sait pas s’il y a eu des pertes humaines.

Témoignage d'Elias Mendizabal (1 M 113). Cliquez sur l'image pour consulter le document dans son intégralité.

Cette attaque d’un sous-marin allemand est destinée à porter atteinte à l'économie française. Les Allemands pratiquent la guerre sous-marine à outrance ; les sous-marins attaquent tous les navires qu'ils rencontrent. Les flottes allemande et autrichienne sont bloquées dans leurs ports. Les bateaux qui naviguent sont soit neutres soit au service du camp allié.
Même si l’Espagne est neutre pendant la guerre, on se rend compte qu’elle est victime ici de la guerre sous-marine.

Sources

2 ETP 2 (Chambre de commerce de Bayonne)
1 M 113 (Préfecture des Basses-Pyrénées)
18 AV (collecte audiovisuel sur le patrimoine maritime basque)

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