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Nos projets

la série B

B comme.... Justice

Dans la série B, sont classées les documents émanant des juridictions d’Ancien Régime. Les fonds couvrent principalement une période allant du XVIe au XVIIIe siècle.
Les matériaux constitutifs des documents sont le parchemin, le papier, la cire  et le métal (sous forme de clef !).
Ils se présentent sous forme de liasse, de cahier, de registre en parchemin ou en cuir.
Les fonds de la série B ont été classés à des époques différentes (1863, 1876 et 1980).
En 2006, les différents instruments de recherche sont refondus et informatisés. L’instrument de recherche ainsi réalisé est consultable sur e-archives.

L'incendie de 1908

Dans la nuit du 20 au 21 novembre 1908,...

« […] vers 3 heures du matin, un violent incendie s’est déclaré dans les bureaux des archives de la Préfecture. Le feu s’est propagé avec une rapidité foudroyante et a détruit une partie des documents qui se trouvaient dans les archives […] »
1 M 235 - Rapport quotidien du commissariat central de Pau

Liasse calcinée (B 5890)


Malgré la réactivité de l’archiviste départemental, Paul Lorber  et le soutien du 18ème régiment d’infanterie et de nombreux bénévoles, les destructions de documents ont importantes. La série B est l’une des plus touchée. Sont détruits :

  • une partie des archives de la Chambre des comptes de Pau et Nérac (comptes d’Henri III, roi de Navarre, futur Henri IV, de 1583 à 1587) ;
  • la presque totalité des registres du Parlement de Navarre ;
  • les dénombrements du XVIIIe siècle ;

Pour cette série, les destructions représentent près de 28% des archives conservées.
Les documents sauvés sont des témoins durables de cet incendie. Nombreux sont les documents brûlés, moisis, souillés par la suie. Certains d’entre eux n’avaient pas été consultés depuis ce sinistre.

L’état matériel et sanitaire

Depuis 2011, les  Archives départementales procèdent au reconditionnement des séries anciennes. Celui de la série B a été entrepris à partir de janvier 2017.
La première étape de ce travail est la réalisation d’un état matériel et sanitaire des documents. Avant de définir ce qu’il y a à faire, il faut connaître l’état précis de la conservation des documents et de leur conditionnement. Pour chaque cote, les éléments suivants ont été relevés :

 

  • la localisation dans le magasin d’archives
  • le type de support du document (registre, liasse, parchemin…)
  • les éléments remarquables comme la présence de sceau
  • le type de conditionnement (boîte, chemise, ficelle, sangle), son adéquation ou non avec le document, son état matériel (déchirures…), son état sanitaire (empoussièrement, présence de moisissures…)
  • l’état matériel du document (présence d’épingles, déchirures, pliures, traces de brûlure, sceau fondu, traces de suie…)
  • l’état sanitaire du document (présence de moisissures, empoussièrement, perte de résistance du support, galeries d’insectes, passage de rongeur…)
Extraits d'état sanitaires
CoteTypologieType de conditionnementÉtat matériel du conditionnementÉtat sanitaire du conditionnementÉtat matériel du fondsÉtat sanitaire du fondsObservationsCommunicabilitéDépoussiérage envisagé
B7533registreconditionnement inadapté (présentant un risque pour la conservation)conditionnement difficilement manipulablefort empoussièrementnon manipulablefort empoussièrement calciné
suie et cendre
nonpas de dépoussiérage
B4877registreconditionnement temporaire et format adapté à la taille des documentsbon état apparentconditionnement légèrement poussiéreux fragilisé et difficilement manipulablefort empoussièrement absence de dos
plats brûlés et racornis
galeries d'insectes
traces d'eau
bordures brûlées
oui avec précautionpage à page
Photographie du document B7533
Photographie du document B4877

L’état sanitaire et matériel est donc une véritable photographie du document à un instant T.

Cette étude précise a permis d’avoir une première appréciation de l’état global de conservation de la série B et d’émettre une première série de préconisation en matière de dépoussiérage et de communicabilité. En effet, selon leur état les documents pourront être dépoussiérés page à page, sur les six faces ou pas du tout. De même, ils pourront être communicables au public, communicables partiellement, communicables avec précaution ou non communicables.

Cette évaluation est un travail complexe, qui prend en compte l’état du document en soi, l’état du document au regard des autres documents conserver (pour définir des priorités), et les demandes de consultation de celui-ci. Pour ce faire, les archivistes travaillent en binôme, afin de confronter leurs points de vue.

Sur les bases de ces travaux une première mise à jour du récolement a été effectuée. L’état des cotes totalement détruites lors de l’incendie a été mis à jour.

Document moisi (B 8647)
Documents racornis (B 5686)

Séchage, dépoussiérage et reconditionnement

Après le diagnostic, il est temps pour les archivistes d’intervenir ! Les documents sont tout à tour séchés, dépoussiérés et reconditionnés. Le séchage permet de diminuer la charge fongique des documents en asséchant les moisissures présentes sur les supports. Le dépoussiérage permet d’enlever la poussière, la suie et les traces laissées par les fumées et les moisissures sèches. C’est également l’occasion de décorner les feuillets, de déplier et mettre à plat les documents qui peuvent l’être. Les documents sont ensuite mis en chemise de papier permanent et en boîtes de conservation neutre (liasse) ou en boîtes de conservation permanentes sur mesure (registre).

En chiffres

6480 articles examinés pour les états sanitaires et matériels
1965 articles sont dépoussiérés (30% du total)
1828 articles (28% du total) sont reconditionnés
1168 heures de travail pour les états sanitaires et matériels
712 heures de travail pour le dépoussiérage
236 heures de travail pour le reconditionnement et la réévaluation de la communicabilité

Ce travail permet de faire une deuxième évaluation de l’état de conservation des documents. Certains documents jugés non communicables lors de l’état matériel et sanitaire, le sont finalement après traitement ; d’autres jugés au premier abord comme en bon état ont au final été retiré de la communication. L’appréciation visuelle des documents n’est pas une science exacte. Le manque de lumière dans les magasins d’archives, la comparaison des documents entre eux, la température et l’humidité au moment du constat peuvent conduire à des erreurs d’appréciation. Au total, sur 1828 documents reconditionnés, 209 ont vu leur communicabilité modifiée, le plus souvent en faveur d’une communication.

Série B en magasin, avant et après reconditionnement

Pour découvrir les altérations de la série B

Une exposition conçue par les Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques est présentée sur le site de Pau des Archives jusqu'à la fin de l'année !

Entrée gratuite.

Horaires : du lundi au jeudi, de 8h45 à 12h30 et de 13h30 à 17h15

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